Pourquoi le cours de l’or baisse depuis le 30 janvier 2026 ?
Après avoir franchi le seuil historique des 150 000 euros le kilo le 29...
Les frappes menées contre l’Iran durant le weekend, suivies de ripostes revendiquées par Téhéran sur Israël et les pays du golfe abritant des infrastructures militaires américaines ont replacé le risque géopolitique au centre des préoccupations des investisseurs, avec des conséquences immédiates sur les prix de l’énergie, l’inflation et le cours des valeurs refuges.
Dès l’ouverture des marchés ce lundi 2 mars 2026, la Bourse de Paris a reculé de 2,17%, passant de 8 580,75 points à 8 394,62 points avant de clôturer la journée à 8 394,32 points illustrant une nouvelle baisse de 0,0036%.
Le prix du baril Brent, référence pour le prix du pétrole en Europe et extrait en mer du Nord, a lui augmenté de 31,1% à l’ouverture passant de 61 à 80 dollars, avant de finir la journée avec une correction de 2,8% à 77,74$ le baril.
Le baril WTI, référence pour le prix du pétrole sur le sol américain, est lui passé de 67,02$ à 71,82$ à l’ouverture des marchés, soit une hausse de 7,1% à l’ouverture des marchés le lundi 2 mars 2026, avant de clôturer à 71,23$ en fin de journée, soit sur une correction de 0,8% sur l’ensemble de la journée.
Quant au contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne pour les prix du gaz naturel liquéfié, il a connu une hausse de 44,2% à l’ouverture des marchés le lundi 2 mars 2026, passant de 31,96 euros à 46,08 euros le mégawattheure, avant de redescendre à 44,51 €/MWh à la fermeture des marchés.
Pour l’or, les cotations se situaient déjà dans une zone élevée à l’ouverture le lundi 2 mars 2026, mais le cours a encore progressé, passant de 5279 à 5398,07$ l’once, soit une hausse de 2,2%, avant de redescendre à 5311,60$ à la clôture, soit une baisse de 1,6 %.
L’argent suit le mouvement des valeurs refuge, avec une once qui est passée de 93,29 à 96,40$ à l’ouverture des marchés le lundi 2 mars 2026, soit une hausse de 3,33%, avant de finir la journée à 88,85$.
Le premier moteur de l’or, dans ce type d’épisode, s’appelle la prime de risque géopolitique, c’est une composante de prix qui rémunère l’incertitude lorsque la visibilité stratégique se brouille.
Concrètement, quand les investisseurs anticipent des ruptures possibles sur l’énergie, le commerce maritime ou la stabilité régionale, ils privilégient des actifs qui portent un risque de contrepartie limité, ce qui favorise l’or physique et ses instruments adossés.
Sur la question de la poursuite de la hausse, plusieurs publications de marché convergent vers une lecture haussière, tout en rappelant que l’or avance rarement en ligne droite. Le LBMA Forecast Survey 2026 compile des scénarios d’analystes avec des niveaux de prix moyens, hauts et bas attendus, un outil utile pour comprendre l’amplitude potentielle des mouvements lorsque la volatilité monte. Les perspectives les plus pessimistes prévoient un cours de l’or à 4000$ l’once alors que les plus optimistes visent les 6400 $ l’once à la fin 2026.
JP Morgan a lui relevé sa prévision pour la de fin l’année 2026 avec une once d’or à 6300$, ce qui illustre une confiance persistante sur la demande dans le précieux métal jaune.
L’argent, métal monétaire par héritage et métal industriel par usage, a souvent un comportement plus nerveux que l’or quand l’actualité s’accélère.
Dans un contexte où l’or atteint des niveaux très élevés, une partie des investisseurs recherche un substitut plus accessible. Ce qui se traduit dans les cotations du jour, avec une once d’argent qui est passée de 93,29 à 96,40$ le lundi 2 mars 2026 à l’ouverture. Cela illustre un regain d’appétit pour les actifs tangibles et représente une évolution de 3,3%. A la clôture, l’once d’argent a connu un fort réajustement à 88,85$, terminant ainsi la journée sur une baisse de 7,8 %.
Le Silver Institute anticipe un marché en déficit d’offre pour la sixième année consécutive en 2026, tablant sur une offre de 67 millions d’onces pour une offre de 1,05 milliards d’once. Cela signifie que la demande totale dépasse l’offre totale à hauteur de 6,38%, un facteur de rareté à même de tendre le cours du métal blanc.
L’impact le plus fort de ce conflit régional repose sur la Chine, puisque l’Empire du Milieu était le principal acheteur du pétrole de l’Iran, avec 1,38 million de barils importés par jour en moyenne et du Vénézuela avec 400 000 barils importés par jour en moyenne.
Mais, comme Pékin va devoir trouver d’autres fournisseurs, cela risque de faire monter les cours mondiaux du pétrole, sauf si l’Opep s’entend sur une hausse de la production.
Mais, la fermeture du détroit d’Ormuz risque également d’impacter l’Europe, car 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz y transitent quotidiennement.
L’IFRI rappelle que la seule perspective de perturbations suffit à faire bouger les prix, puisque les marchés intègrent immédiatement des primes d’assurance, des coûts de transport et des risques de retards logistiques.
Reuters souligne qu’une perturbation durable à Ormuz affecte aussi le gaz naturel liquéfié, avec des implications sensibles pour des pays européens redevenus dépendants de certaines routes maritimes et de l’offre du Golfe depuis le boycott du gaz russe. Goldman Sachs prévoit même une augmentation du prix du baril de Brent pouvant atteindre les 130$ en cas de pérennisation du conflit.
Lorsque pétrole et gaz grimpent, l’inflation gagne en vigueur et elle pourrait ainsi augmenter de 0,5%. En effet, le prix de l’énergie entre dans le coût du transport, dans le chauffage et a donc un impact sur une large partie des biens du quotidien via les chaînes d’approvisionnement.
Une analyse de sensibilité citée par Reuters indique qu’un choc durable de prix de l’énergie pourrait relever l’inflation actuellement contenue à 1,9%.
Les analystes de Bloomberg décrivent eux un renforcement du billet vert sur fond de hausse du pétrole, tandis que d’autres commentaires de marché évoquent un débat plus nuancé, ce qui confirme que la trajectoire du dollar dépend beaucoup du scénario de durée du conflit. Cependant, lors de l’ouverture des marchés du lundi 2 mars 2026 la devise américaine s’échangeait à 0,854 euros connaissant donc une première hausse de 0,82% avant de clôturer avec une seconde hausse de 0,35% vis-à-vis de la monnaie unique européenne à 0,857 euro le dollar.
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