Les accords de Bretton Woods sont des accords économiques ayant dessiné les grandes lignes du système financier international mis en place après 1944.
Ils sont signés le 22 juillet 1944 à Bretton Woods (États-Unis) après trois semaines de débats entre 730 délégués représentant l’ensemble des 44 nations alliées.
La conférence de Breton Woods débouche sur l’organisation d’un système monétaire mondial autour du dollar américain, mais avec un rattachement nominal à l’or.

Le nouveau système monétaire de Bretton Woods

L’étalon Or

Depuis la révolution industrielle, le système monétaire international est essentiellement basé sur l’or. Toutes les monnaies ne sont pas convertibles, mais compte tenu des sphères d’influence et du rôle déterminant de la livre sterling, l’étalon-or permet un grand développement du commerce international et des échanges sans crise majeure.

Cet étalon-or permet d’assurer une confiance dans les monnaies émises en billets jusqu’aux deux Guerres Mondiales, qui induisent un financement massif des États par la création monétaire par leur banque centrale, ou « planche à billets », ce qui crée de l’inflation et donc une défiance devant la monnaie en billets. Dans les cas extrêmes du début du XXe siècle, la parité or-billets est abandonnée et provoque de l’hyperinflation.

Les objectifs de la conférence de Bretton Woods

La conférence est commandée par les États-Unis qui profitent de leur position de force après la Seconde Guerre Mondiale pour assoir leur puissance économique.
Leur objectif principal est de relancer l’économie mondiale, de mettre en place une organisation monétaire mondiale et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la Seconde guerre mondiale. Enfin, cela permettrai d’éviter d’une part les secousses monétaires internationales qui avaient suivi la Première Guerre mondiale et, d’autre part, les erreurs qui avaient transformé la crise économique de 1929 en grande dépression.

Le système monétaire de Bretton Woods

Les accords de Bretton Woods mettent en place un système d’étalon change-or : la valeur du dollar US est directement indexée sur l’or (à 35 dollars par once d’or), tandis que les autres monnaies sont indexées sur le dollar. Les réserves des banques centrales doivent alors être constituées de devises et non plus d’or. Le gouvernement américain garantit la valeur du dollar, mais n’est pas obligé d’avoir une contrepartie en or aux dollars émis.

La naissance de deux organismes mondiaux

Deux organismes voient le jour lors de la conférence de Bretton Woods, et sont toujours en activité :

  • Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) aujourd’hui connue sous le nom de banque mondiale et composé de quatre autres institutions qui sont : l’Association internationale de développement (IDA) créées pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements et des conseils aux États en difficulté, la Société Financière Internationale (IFC), l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA) et le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI).
  • le Fonds monétaire international (FMI).

Un organisme visant à réguler le commerce international devait également voir le jour, cependant les États n’ont pu se mettre d’accord sur sa définition exacte. Aussi, c’est une série d’accords qui sont nés de cette volonté de réguler le commerce : les accords du General agreement on tariffs and trade (GATT), formalisés en 1947 et modifiés par la suite sous forme de cycles. Au terme de l’accord de Marrakech, le 1er janvier 1995, le GATT a été doté d’une personnalité morale officielle : l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Les 44 pays qui ont signés à Bretton Woods

Australie (Leslie Melville)
Afrique du Sud
Belgique
Bolivie
Brésil
Canada
Chili
Chine (Kong Xiangxi)
Colombie
Costa rica
Cuba
Tchequoslovaquie
République Dominicaine
Equateur
Egypte
Etats-Unis (Harry Dexter White)
Ethiopie
France (Pierre Mendès France)
Grèce
Guatemala
Haiti
Honduras
Iceland
Inde (Raj Britannique)
Iran
Irak
Libéria
Luxembourg
Mexique (Víctor Urquidi)
Nouvelle-Zelande
Nicaragua
Norvège
Panama
Paraguay
Pays-Bas
Pérou
Philippines
Pologne
Royaume-Uni (John Maynard Keynes)
Salvador
Union Soviétique (Mikhail Stepanov)
Uruguay
Venezuela
Yougoslavie

La fin des accords de Bretton Woods

Le déclin du dollar américain

Aucun contrôle n’ayant été instauré par les accords de Bretton Woods sur la quantité de dollars américains émis, les États-Unis ont la possibilité de ne pas respecter leurs engagements envers les comptes extérieurs. Si il y a trop peu de dollars jusqu’en 1958, la situation se retourne ensuite.
L’inflation de dollars se produit notamment du fait des dépenses considérables de la guerre du Viêt Nam et de la course à l’espace. Les pays qui exportent le plus vers les États-Unis accumulent d’immenses réserves en dollars qui donnent lieu à autant d’émissions dans leur propre monnaie, alimentant ainsi une inflation de plus en plus inquiétante.

L’effondrement des accords de Bretton Woods

Techniquement, c’est la République fédérale d’Allemagne qui met fin aux accords de Bretton Woods en cessant de mettre en œuvre ses dispositions. Les demandes de remboursements des dollars excédentaires en or commencent. Les États-Unis ne veulent pas voir disparaître leur encaisse-or. Ils suspendent la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. Le système des taux de change fixes s’écroule définitivement en mars 1973 avec l’adoption du régime de changes flottants, c’est-à-dire qu’ils s’établissent en fonction des forces du marché. Le 8 janvier 1976, les accords de la Jamaïque confirment officiellement l’abandon du rôle légal international de l’or. Il n’y a plus de système monétaire international organisé.
C’est la fin du système monétaire international mis en place lors des accords de Bretton Woods.