Le dollar, lesté par la modération de l’inflation en août aux Etats-Unis et la Fed qui relève des signes de ralentissement de la croissance dans plusieurs régions, reculait jeudi face à l’euro et à la livre britannique tandis que la livre turque était dopée par le relèvement des taux d’intérêt en Turquie. Aussi, la Roupie indienne et au plus faible de son histoire face au dollar et de 4 ans face à l’euro.

 

Inflation et économie qui ralentissent aux Etats-Unis

Le vendredi 14 septembre vers 08H00 UTC, la monnaie unique européenne valait 1,17199 dollar, contre 1,16189 dollar un jour auparavant, jeudi 13 septembre vers 8H00 UTC. Ce taux à été atteint pour les dernières fois le 28 août et le 26 juillet 2018. Donc si vous avez le projet d’acheter du dollar américain, profitez-en.

Le marché des changes a surtout réagi jeudi à « une inflation décevante aux Etats-Unis », et non aux réunions de banques centrales, a résumé Connor Campbell, analyste chez Spreadex.com.

Cela pèse sur le cours du billet vert, alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) regarde attentivement l’inflation pour décider du rythme de ses hausses de taux directeurs, qui rendent le dollar plus rémunérateur et plus attractif pour les cambistes.

Le marché du travail est tendu, la hausse des salaires s’accélère et les prix des produits sont portés par des contraintes de capacité et les récentes taxes à l’importation, a-t-il rappelé.

Le dernier rapport de la FED apporte des éléments d’inquiétude liés aux tensions commerciales et à un marché de l’emploi de plus en plus tendu. Si l’économie américaine a continué de croître dans son ensemble « à un rythme modéré », la banque centrale s’inquiète d’un attentisme en matière d’investissement en raison des tensions commerciales, ainsi que d’un manque de main d’oeuvre, tant qualifiée que non qualifiée, dans de nombreux secteurs.

Malgré ces signes de faiblesse de l’économie, les investisseurs continuent de penser que la Fed procédera à une nouvelle hausse de ses taux directeurs le 26 septembre prochain, pour les porter dans une fourchette de 2% à 2,25%.

La Roupie indienne au plus bas

Le Mercredi 12 septembre 2018 à 7h45 UTC, la roupie indienne au plus bas face a l’euro depuis le 24 avril 2014 à 84.45600 pour 1€, et son record historique face au dollar, à 72.88675 pour 1$.
Nous constatons depuis juin un effondrement de la roupie en corollaire de celle de la livre turque. Un casse-tête en perspective pour la banque centrale indienne (RBI), confrontée depuis plusieurs mois à des tensions inflationnistes, alimentée par la hausse du prix du pétrole dont le pays dépend fortement et par une croissance économique dynamique. Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Inde ne font que noircir un peu plus le tableau.

Remontée des devises en Europe

Le marché digérait par ailleurs jeudi trois réunions de banques centrales: la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre (BoE) et la banque centrale turque (CBRT).

Cette dernière a fait grimper la livre turque de plus de 5% en annonçant dans un communiqué qu’elle relevait son principal taux directeur de 625 points de base, le portant à 24%.

Quant à la BCE, elle continue à juger « globalement équilibrés » les risques pesant sur la conjoncture en zone euro, une marque de sérénité malgré la montée des incertitudes économiques, a déclaré jeudi son président Mario Draghi.

La banque européenne, comme son homologue britannique, n’a pas touché à ses taux directeurs.

La BoE a en revanche pris acte d’une activité économique plus élevée cet été au Royaume-Uni et a relevé ses prévisions de croissance du produit intérieur brut à 0,5% pour le troisième trimestre.

« Les décisions de la BoE sont à l’arrière-plan, seul le Brexit compte pour la livre », a jugé M. Wilson.

L’euro s’est par ailleurs renforcé face au dollar « grâce à un apaisement des inquiétudes concernant la politique commerciale des Etats-Unis », a indiqué Kengo Suzuki de Mizuho Securities.

Les autorités chinoises ont notamment confirmé jeudi que Washington avait proposé à Pékin de reprendre les négociations commerciales avant que l’administration Trump n’impose de nouvelles taxes punitives sur ses importations.