L’étalon-or est un système monétaire dans lequel une unité monétaire correspond à une quantité fixe d’or. Avec ce système, toute émission de devise se fait avec une contrepartie et une garantie en or. Les parités de deux monnaies différentes sont donc fixées par rapport à l’or et leur taux de change sont stables. L’or constitue une monnaie internationale, qui sert au règlement des échanges et comme instrument de réserve pour les banques centrales des pays qui l’ont adopté.

Avantages et Inconvénients de l’étalon-or

L’or possède plusieurs caractéristiques intéressantes pour en faire un étalon monétaire. C’est une matière rare, ce qui fait que la quantité totale d’or disponible est stable dans le temps. C’est un métal durable qui n’est pas altéré en conditions normales de conservation. De plus, ses propriétés mécaniques et chimique, sa couleur, sa densité, ductilité font qu’il est facilement identifiable. Si l’utilisation de l’étalon-or semble idéale, il a aussi des inconvénients majeurs.

Avantages de l’étalon-or

  • Grace à ce système, les cours des monnaies dans le système sont relativement stables. En effet, ils fluctuent dans des limites étroites définies par ce qu’on appelle les points d’or, leur parité face à l’or. Ce la en fait un système simple et rassurant.
  • Le système de l’étalon-or donne la possibilité d’appliquer un processus mécanique permettant de retrouver l’équilibre.
    Lorsqu’un pays a une balance des paiements déficitaire, le déficit se traduit par des sorties d’or, synonymes d’une réduction de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie (la création monétaire est liée aux stocks d’or de la banque centrale). Cette réduction a un effet déflationniste : les prix vont baisser. Cette baisse des prix va permettre de rendre plus compétitifs les produits nationaux et ainsi de revitaliser les exportations. La balance des paiements retrouve ainsi l’équilibre.

Ses Inconvénients

  • Cependant, l’étalon-or avantage les pays producteurs d’or à cause d’une distribution inégale de l’or sur terre. Il favorise aussi les pays qui en contrôlent le commerce.
  • L’étalon-or est moins flexible qu’une monnaie flottante (fiat money). La quantité de monnaie en circulation est contrainte par la quantité d’or dont dispose le pays. Pour les partisans de l’étalon-or, ceci constitue une protection contre les manipulations irresponsables et du taux de change sur les marchés. Cependant, avec l’étalon-or, la banque centrale ne peut pas jouer sur la quantité de monnaie en circulation pour atténuer les effets des cycles économiques, par exemple pour enrayer une récession.

L’histoire de l’étalon-or

Le crise du bimétallisme

C’est après l’échec du bimétallisme (monnaie convertible en or et en argent) et la crise du système bancaire international de 1857 que l’étalon-or fait son apparition.

À la fin du XVIIIème siècle, les réserves en argent des pays d’Europe et des États-Unis diminuent. Les deux causes sont les guerres et le commerce avec la Chine qui exporte des biens vers l’Europe mais en importe très peu, elle capte donc une part croissante du stock d’argent. En Europe, le nombre de pièces frappées diminuant régulièrement. Ainsi, une part croissante de la masse monétaire est constituée de billets de banque et de billets sur actions.
La crise ultime du système bancaire international éclate en 1857, lorsque les banques américaines suspendent tout paiement en argent.

Mise en place de l’étalon-or

L’Empire allemand, fondé après la guerre franco-prussienne, vote la Loi monétaire prussienne du 4 décembre 1871, instaurant un étalon-or strict, puis crée par la Loi monétaire allemande du 9 juillet 1873 le Goldmark. Cette monnaie devient le Reichsmark.
Les autres pays se tournent progressivement vers ce système qui met en valeur les propriétés de l’or comme unité de valeur stable, échangeable et universelle. Cette adoption va de pair avec la première mondialisation.

C’est alors le premier véritable système monétaire international, à savoir un ensemble de règles définissant les modes de détermination du cours des monnaies et la nature des réserves internationales permettant le règlement des échanges internationaux.

L’étalon-or remplace le bimétallisme : la monnaie était auparavant convertible à la fois en or et en argent. Cette adoption est dans la plupart des cas une adoption réelle avant même quelle soit rendue officielle.

La fin de l’étalon-or

À la fin du 19ème siècle, la Grande Bretagne, en pleine Révolution industrielle, est la première puissance économique, commerciale et financière au monde. Elle utilise le système de l’étalon-or qui sera adopté par le reste de l’Europe.

Après la Première Guerre Mondiale, toute l’Europe est appauvrie, y compris la Grande-Bretagne. Les États-Unis, qui sont devenus entre temps les premiers créanciers du monde, dominent le reste du monde avec leur puissance économique. Il est donc nécessaire de redéfinir les règles du système monétaire international.

En 1922, un système hybride d’étalon-or et d’étalon de change-or est mis en place avec les accords de Gênes.

Cependant, la crise de 1929 puis la période de la Grande Dépression contraint les américains à se défaire de leurs dollars pour de l’or. Pour enrailler la diminution des réserves nationales, Roosevelt, alors président des États-Unis, déclare le 5 avril 1933 « hors la loi » la détention d’or par les américains.
De l’autre coté de l’Atlantique, l’Allemagne met en place un contrôle total des changes. La Grande-Bretagne et la France suspendent la convertibilité de la Livre et du Franc en or.

Ainsi, à cette période, plus aucun État au monde n’assure une convertibilité de sa monnaie en or, c’est la fin du système de l’étalon-or.

C’est après la seconde Guerre Mondiale que naît un système monétaire international grâce aux accords de Bretton Woods. Le dollar devient central et devient la seule monnaie à être convertible en or. C’est l’avènement du système étalon-change-or.

1. Monnaie fiduciaire: monnaie comprenant les pièces et les billets de banque, c’est un instrument financier dont la valeur nominale est supérieure à la valeur intrinsèque : la confiance (fiducia en latin) que lui accorde l’utilisateur comme valeur d’échange, moyen de paiement, et donc comme monnaie, repose sur un principe de garantie défendu par une institution centralisatrice.