Pourquoi les États conservent-ils des réserves d’or ?
L’or n’est plus utilisé pour garantir directement la valeur des principales monnaies depuis la...
Vous avez hérité d’objets en or et souhaitez connaître leur vrai valeur ? Pour ce faire, il est essentiel de vérifier s’ils sont en or véritable et ensuite d’identifier le pourcentage d’or dans leurs alliages.
Découvrez dans ce guide toutes les clés pour vérifier l’authenticité de vos bijoux, pièces, lingots, médailles, montres ou ceintures en or et ainsi mieux comprendre ce qui détermine leur valeur.
Aujourd’hui, les techniques de contrefaçon et de placage permettent de produire des objets dont l’apparence imite remarquablement celle d’un alliage aurifère. Reconnaître de l’or véritable suppose donc de déterminer si un objet contient de l’or, puis d’en mesurer le titre, autrement dit la proportion d’or dans son alliage.
En effet, tous les objets en or ne contiennent pas la même proportion d’or dans l’alliage qui les compose et celle-ci est indiquée par le nombre de carats. Plus ce nombre est élevé, plus la part d’or dans le métal est importante. Parmi les titres les plus connus, l’or 24 carats contient 99,9 % d’or pur, le 18 carats 75 %, et le 9 carats seulement 37,5 %.
L’or pur correspond à un métal précieux dont le titre approche 999 millièmes, c’est-à-dire 999 grammes d’or pur pour 1 000 grammes de métal, soit environ 99,9 % d’or. Cette très grande pureté convient parfaitement aux lingots et à certaines pièces d’investissement, car elle permet de concentrer une grande quantité d’or dans un même objet.
Elle se prête toutefois beaucoup moins aux bijoux destinés à accompagner quotidiennement leur propriétaire
car l’or pur est beaucoup trop malléable. Par ce fait, un métal en or pur reste relativement tendre, ce qui facilite sa déformation sous l’effet des chocs, des frottements et des contraintes répétées.
Le mot carat vient du grec kerátion, qui désignait la graine de caroubier, autrefois utilisée comme référence pour peser les matières précieuses et au fil du temps, le carat est devenu une unité servant à exprimer la pureté de l’or.
Ainsi, le carat correspond à une division de l’alliage en 24 parties égales, un nombre hérité des anciens systèmes de poids antérieurs au système décimale et particulièrement pratique puisqu’il peut facilement être divisé par 2, 3, 4, 6, 8 ou 12.
Un objet de 18 carats contient donc 18 parts d’or sur 24, ce qui représente 75 % d’or pur. Mais en France, les titres autorisés pour les bijoux commercialisés comme ouvrages en or sont exprimés en millièmes. On parle ainsi de 999‰ (99,9%) pour du 24 carats, 916‰ (91,6%) pour du 22 carats , 750‰ (75%) pour du 18 carats, 585‰ (58,5%) pour du 14 carats et 375‰ (37,5%) pour du 9 carats.
Or jaune, or blanc ou or rose, ce que la couleur révèle de l’alliage
La couleur est l’un des indices les plus trompeurs pour reconnaître un véritable objet en or car l’or peut présenter des teintes très différentes selon les autres métaux qui composent son alliage.
L’or jaune conserve la teinte classiquement associée au métal précieux et résulte d’un alliage composé d’or, d’argent et de cuivre. L’équilibre entre ces métaux permet de rendre le bijou plus solide tout en conservant une couleur proche de celle de l’or fin.
Quant à l’or rose, il doit sa nuance caractéristique à une proportion plus importante de cuivre dans son alliage. Par ce fait, plus cette présence devient importante, plus la couleur évolue vers des tonalités rosées voir légèrement rouges.
Pour l’or blanc, l’alliage associe l’or au palladium ou au nickel, des métaux capables d’atténuer sa couleur jaune naturelle. De nombreux bijoux reçoivent également un rhodiage, c’est-à-dire une fine couche de rhodium destinée à produire une surface particulièrement blanche et brillante.
Discrets et parfois difficiles à lire, les poinçons permettent pourtant d’en apprendre beaucoup sur un bijou. Il prend la forme d’une marque apposée sur un ouvrage pour renseigner sur son titre de métal précieux ou sur son fabricant.
En France, le système de garantie de l’or possède une histoire vieille de plusieurs siècles, puisque les premières réglementations relatives aux ouvrages apparaissent dès le Moyen Âge. Cette ancienneté explique pourquoi les professionnels apposent une multitude de marques selon l’époque, l’origine géographique et la nature de l’objet. Certains poinçons français prennent ainsi des formes symboliques qui permettent à un œil exercé d’identifier rapidement le titre de l’or, comme la tête d’aigle, généralement associée à l’or 18 carats, la coquille Saint-Jacques, qui correspond à 14 carats, ou encore le trèfle, qui indique 9 carats.
Si ces symboles donnent de précieux repères, ils doivent toutefois être interprétés avec prudence. Le poinçon reste un indice à compléter par d’autres observations. En effet, une marque peut devenir difficile à lire avec l’usure, correspondre à une réglementation étrangère ou avoir été apposée frauduleusement sur une contrefaçon. Sa présence ne garantit donc pas qu’un bijou est en or, tout comme son absence ne signifie pas nécessairement qu’il est faux, puisque les ouvrages en or de moins de 3 grammes peuvent être dispensés du poinçon de garantie.
Comment tester de l’or ?
Il existe plusieurs méthodes pour savoir si un objet contient de l’or, certaines reposent sur une simple observation, tandis que d’autres nécessitent des appareils spécialisés utilisés par des professionnels. Elles n’offrent donc pas toutes le même niveau de certitude et de précision et il est donc préférable de combiner plusieurs vérifications plutôt que de se fier à un seul test réalisé chez soi.
Le contrôle visuel constitue toujours la première étape
Une expertise commence souvent avec des outils simples, comme une loupe et une bonne source de lumière. Un essayeur recherche d’abord les poinçons, puis examine les zones d’usure pour repérer les traces laissées par les frottements au fil des années.
Un changement de couleur sur les arêtes, les griffes ou les parties les plus exposées peut en effet révéler un revêtement superficiel, c’est-à-dire une fine couche de métal doré déposée sur l’objet. Et si cette couche s’use et laisse apparaître un métal différent en dessous, l’hypothèse d’un placage se renforce.
L’examen porte également sur l’état des soudures et la régularité de la couleur entre les différentes parties du bijou. Il faut toutefois interpréter ces indices avec prudence, car les fermoirs et certaines petites pièces techniques peuvent avoir une composition différente du reste du bijou.
Les métaux réagissent différemment lorsqu’ils sont mis en vibration et les pièces d’or produisent une résonance caractéristique lorsque leur forme, leur alliage et leur état de conservation correspondent aux spécifications attendues.
Cette méthode devient surtout intéressante pour des pièces dont les caractéristiques théoriques, telles que le diamètre, l’épaisseur, le poids et la fréquence de résonance sont parfaitement connues et permettent une comparaison avec un exemplaire authentique.
La pierre de touche accompagne le commerce des métaux précieux depuis des siècles et demeure une méthode emblématique du métier. Le principe est simple, il consiste à frotter délicatement l’objet sur une pierre spécifique afin d’y déposer une fine trace métallique.
Par la suite, le professionnel va appliquer un réactif adapté au titre recherché sur la trace laissée par le bijou, puis observer sa réaction. Selon que le dépôt résiste ou s’altère, il va donner une indication sur la proportion probable d’or dans l’alliage.
Toutefois, un placage épais peut fausser le résultat si seule la couche de surface est testée. Le professionnel doit alors examiner le métal situé sous ce revêtement et compléter son analyse par d’autres vérifications.
La technologie apporte aujourd’hui une méthode particulièrement intéressante avec la spectrométrie par fluorescence X, couramment appelée XRF dans le secteur des métaux précieux. Cet appareil expose la zone analysée à des rayons X puis mesure la fluorescence caractéristique produite par les différents éléments chimiques présents.
Chaque élément possède une signature énergétique qui lui est propre, ce qui permet à l’appareil d’identifier de nombreux métaux présents dans l’alliage et d’en estimer les proportions. L’analyse peut ainsi détecter les principaux métaux précieux, comme l’or, l’argent, le platine, le palladium ou le rhodium, mais également des métaux couramment utilisés dans les alliages ou les revêtements, tels que le cuivre, le nickel, le zinc, l’étain, le fer, le cobalt ou le chrome.
Elle peut aussi révéler la présence de certains éléments indésirables ou inhabituels, comme le plomb ou le cadmium, apportant ainsi une véritable cartographie de la composition chimique de la zone examinée.
Cette méthode présente l’avantage d’être rapide et de ne pas endommager l’objet, un atout pour les propriétaires qui souhaitent conserver leurs bijoux intacts. Toutefois, l’analyse XRF renseigne surtout sur la composition de la surface examinée. Les résultats doivent donc être interprétés avec prudence lorsque l’objet est plaqué ou que sa composition varie d’une partie à l’autre.
L’or possède une masse volumique particulièrement élevée, proche de 19,3 grammes par centimètre cube pour l’or pur. Par conséquent, la densité peut apporter un indice supplémentaire pour vérifier la composition d’un objet.
Ce principe repose sur le fait qu’à volume égal, les matériaux ne pèsent pas tous le même poids. Ainsi, un objet en or doit présenter une masse cohérente avec sa taille et sa proportion d’or pur. S’il existe un écart important entre la masse attendue et celle mesurée, il peut s’agir d’un alliage différent ou d’une particularité dans sa structure.
Cette méthode est particulièrement utile pour les pièces et les lingots dont les dimensions, le poids et le titre sont précisément connus. Elle ne suffit toutefois pas à confirmer leur authenticité et doit être associée à d’autres contrôles pour obtenir une évaluation fiable.
Prennons quelques exemples pour se représenter la densité exeptionnelle de l’or. Ainsi, une pièce de 2 euros, qui pèse normalement 8,5 grammes, pèserait 22 grammes si son volume était entièrement constitué d’or pur. Une capsule Nespresso Original classique, qui contient environ 5 grammes de café, atteindrait quant à elle près de 320 grammes si on reproduisait son volume en or 999‰, tandis qu’un iPhone 18 Pro Max, qui pèse normalement 249 grammes, approcherait les 2,15 kilogrammes s’il était entièrement constitué d’or 24 carats.
Sur Internet, de nombreuses méthodes promettent de reconnaître l’or en quelques secondes à l’aide d’un aimant, d’un morceau de céramique ou de produits du quotidien. Si elles séduisent par leur simplicité, elles restent bien moins fiables qu’une analyse professionnelle.
Un bijou qui n’est pas attiré par un aimant n’est pas forcément en or, car de nombreux autres métaux, comme l’argent, le cuivre, l’aluminium, le laiton, le bronze, le plomb, le platine ou le palladium, ne réagissent pas non plus de façon visible à un aimant classique.
Mordre une pièce pour vérifier si elle est en or est sans doute l’un des tests les plus célèbres de l’histoire, dans les films de pirates, les westerns et même sur certains podiums sportifs, une pièce ou une médaille finit régulièrement entre les dents de son propriétaire.
Mais pourquoi utiliser ses dents ? L’idée consiste à tester la dureté du métal pour repérer une éventuelle imitation. Une explication souvent avancée évoque les fausses pièces en plomb recouvertes d’or qui auraient circulé au XIXe siècle, que la morsure aurait permis de démasquer, le plomb étant plus tendre que les alliages utilisés pour les monnaies.
Aujourd’hui, cette méthode n’a plus vraiment de pertinence. L’or pur est un métal relativement tendre et de nombreux métaux utilisés dans les alliages ou les contrefaçons, comme le cuivre, le nickel, le fer ou certains aciers, sont nettement plus durs. Une fausse pièce peut donc parfaitement résister à une morsure, tandis qu’une véritable pièce en or peut être marquée ou endommagée. En pratique, la dureté ne permet donc pas à elle seule de distinguer de manière fiable l’or véritable d’une imitation.
Alors, comment savoir définitivement si votre or est véritable ?
Les contrefaçons les plus grossières peuvent parfois être repérées grâce à leur poids, leur couleur, leurs dimensions ou leurs poinçons. Mais lorsqu’une imitation reproduit correctement plusieurs de ces caractéristiques, reconnaître avec certitude un véritable objet en or devient beaucoup plus difficile.
C’est précisément pour cette raison qu’une expertise professionnelle ne repose jamais sur un seul test. L’expert va croiser plusieurs méthodes, observer les poinçons et les traces d’usure, contrôler le poids et les dimensions, tester le métal, analyser sa composition si nécessaire et comparer l’ensemble de ces résultats.
Mais son principal outil reste aussi son expérience, car un professionnel manipule chaque jour une grande quantité de bijoux, de pièces et d’objets en or. Il les observe, les soupèse, examine leur couleur, leur fabrication et, lorsqu’il s’agit de pièces, peut même en reconnaître certaines caractéristiques à leur sonorité. À force de manipuler des milliers d’objets, il développe un œil et des réflexes qu’aucun test réalisé isolément à la maison ne peut véritablement remplacer.
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