Pourquoi le cours de l’or baisse suite au conflit au Moyen-Orient ?
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L’or n’est plus utilisé pour garantir directement la valeur des principales monnaies depuis la fin de l’étalon or dans les années 30 et de l’étalon change or en 1971. Pourtant, il continue d’occuper une place essentielle dans les coffres des banques centrales, puisque des pays comme les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, la France, la Suisse, la Chine, l’Inde ou encore la Russie possèdent ainsi des centaines, voire des milliers de tonnes de métal précieux.
Pour comprendre cette situation, il faut revenir au fonctionnement de l’étalon-or, un système dans lequel la valeur de la monnaie était définie par rapport à une quantité fixe d’or. Dans les pays qui l’avaient adopté, les autorités monétaires devaient donc disposer de réserves suffisantes pour assurer la conversion de la monnaie en métal précieux selon les règles appliquées à l’époque. Cette organisation limitait donc la création monétaire, puisqu’un État ne pouvait pas augmenter librement la quantité de monnaie en circulation sans disposer de réserves d’or correspondantes.
L’étalon-or classique s’est progressivement effondré durant les années 1930, lorsque plusieurs grandes puissances ont suspendu la conversion directe de leur monnaie en métal précieux. Après la Seconde Guerre mondiale, les accords de Bretton Woods ont instauré un système différent, appelé étalon de change-or, dans lequel les principales monnaies étaient rattachées au dollar qui conservait lui une convertibilité en or au taux fixe de 35 dollars l’once. Cette seconde architecture monétaire s’est achevée le 15 août 1971, lorsque les États-Unis ont suspendu la convertibilité du dollar en or, ouvrant progressivement la voie au régime actuel des monnaies fiduciaires et des taux de change flottants.
Depuis cette date, la valeur des monnaies ne repose plus directement sur un stock déterminé de métal précieux, mais sur la confiance accordée aux États, à leur économie, à leurs institutions et à leurs banques centrales. Pour autant, l’or n’a jamais quitté les coffres de ces institutions et, bien qu’il ne serve plus à garantir directement la monnaie en circulation, il demeure un actif stratégique dans la gestion des réserves nationales.
Les banques centrales conservent de l’or parce qu’il constitue une réserve immédiatement mobilisable en période de crise financière ou géopolitique. Elles peuvent vendre une partie de leurs lingots, les utiliser comme garantie ou les échanger temporairement contre des devises afin d’obtenir rapidement des liquidités. L’or renforce également la solidité de leur bilan, puisque sa valeur repose sur un marché mondial profond plutôt que sur la solvabilité d’un État ou d’une institution financière. En détenant plusieurs centaines ou milliers de tonnes, elles disposent ainsi d’un actif stratégique capable de préserver une partie de leurs réserves lorsque certaines monnaies se déprécient, que des avoirs étrangers deviennent difficiles à utiliser ou que la confiance dans le système financier se fragilise.
L’actualité récente du Venezuela illustre concrètement les enjeux liés à la détention et à la localisation des réserves d’or. Le 24 juin 2026, deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé le pays à moins d’une minute d’intervalle, dans une zone située à environ 200 kilomètres à l’ouest de Caracas. Face aux besoins considérables de financement des secours et de la reconstruction, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a demandé au Royaume-Uni, le 8 juillet 2026, le déblocage d’environ 31 tonnes d’or vénézuélien conservées dans les coffres de la Banque d’Angleterre. Ces réserves demeurent toutefois bloquées en raison d’un long contentieux juridique et diplomatique portant sur le contrôle des avoirs de la Banque centrale du Venezuela et sur l’autorité légalement habilitée à les administrer.
Le cas du Venezuela illustre ainsi à la fois l’importance de l’or comme réserve de secours en période de crise et les risques liés à sa conservation hors du territoire national.
Une réserve d’or nationale désigne le stock d’or détenu ou contrôlé par les autorités monétaires d’un pays, généralement sa banque centrale. Elle fait partie des réserves officielles, aux côtés des devises et des titres de dette étrangers, principalement des obligations d’état et des bons du Trésor. Cet or constitue un actif stratégique conservé sur le long terme.
La diversification est l’une des principales raisons pour lesquelles les banques centrales détiennent de l’or. En effet, placer toutes leurs réserves dans une seule devise comme le dollar ou l’euro les rendrait fortement dépendantes de son évolution et des décisions économiques prises par le pays qui l’émet. L’or permet donc de mieux répartir les risques, car son cours n’évolue pas toujours de la même manière que celui des monnaies ou des obligations.
L’or physique présente également l’avantage de ne pas être la dette d’un État, d’une entreprise ou d’une banque. Lorsqu’une banque centrale détient directement ses lingots, elle limite ainsi le risque de contrepartie, c’est-à-dire le risque qu’un acteur ne respecte pas ses engagements financiers.
Enfin, l’or est reconnu et échangé dans le monde entier, et une banque centrale peut donc en vendre une partie ou l’utiliser comme garantie pour obtenir des devises et des liquidités en cas de besoin.
L’or est généralement présenté comme une valeur refuge, c’est-à-dire comme un actif recherché pendant certaines périodes de crise économique, de tensions géopolitiques, d’instabilité financière ou de forte baisse des marchés. Dans ces situations, les investisseurs peuvent se tourner davantage vers le métal précieux afin de protéger une partie de leur patrimoine, ce qui peut soutenir son cours.
Le métal jaune bénéficie notamment de ce statut en raison de sa rareté, car contrairement à une monnaie, il ne peut pas être créé rapidement à la suite d’une décision gouvernementale ou d’une banque centrale. Son extraction nécessite en effet du temps, des investissements considérables et la découverte de nouveaux gisements, ce qui limite naturellement l’augmentation de l’offre mondiale.
Par ailleurs, l’or est utilisé comme réserve de richesse depuis plusieurs milliers d’années, et cette longue histoire contribue à entretenir la confiance que lui accordent les investisseurs, les institutions financières et les États. Ainsi, lorsque l’incertitude augmente sur les marchés, la demande peut progresser et soutenir son cours.
Cela ne signifie pas pour autant que l’or soit un placement sans risque, puisque son prix peut baisser pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, tandis qu’il ne produit aucun revenu régulier. Le statut de valeur refuge doit donc être compris comme la capacité historique de l’or à conserver une partie de sa valeur dans certaines situations de crise, et non comme une garantie contre toutes les pertes ou comme une promesse de rendement.
Les réserves d’or sont très inégalement réparties dans le monde, puisque quelques grandes puissances concentrent une part importante des stocks officiels, tandis que de nombreux pays n’en détiennent que quelques tonnes, voire aucune. Cette différence ne reflète pas uniquement la richesse actuelle des États, car elle dépend aussi de leur histoire monétaire, de leur position dans le système financier international et des décisions prises par leurs banques centrales au cours des dernières décennies.
Les États-Unis occupent largement la première place du classement des réserves d’or avec plus de 8 100 tonnes, soit un stock plus de deux fois supérieur à celui de l’Allemagne, qui arrive en deuxième position. L’Italie et la France suivent avec environ 2 400 tonnes chacune, tandis que la Chine et la Russie détiennent également plus de 2 300 tonnes de métal précieux.
Le tableau suivant présente les principaux pays détenteurs d’or selon les données disponibles à la fin du premier trimestre 2026.

Ce classement concerne uniquement l’or monétaire déclaré par les États, les banques centrales et certaines institutions officielles. Il ne comprend donc pas les bijoux en or, les pièces d’or, les lingots d’or et les autres formes d’or détenues par les particuliers, les entreprises ou les fonds d’investissement.
| Rang | Pays | Réserves d’or |
| 1 | États-Unis | 8133 |
| 2 | Allemagne | 3350 |
| 3 | Italie | 2452 |
| 4 | France | 2437 |
| 5 | Chine | 2313 |
| 6 | Russie | 2305 |
| 7 | Suisse | 1040 |
| 8 | Inde | 881 |
| 9 | Japon | 846 |
| 10 | Pays-Bas | 612 |
| 11 | Pologne | 582 |
| 12 | Turquie | 535 |
| 13 | Banque Centrale Européenne | 507 |
| 14 | Taiwan | 424 |
| 15 | Ouzbékistan | 416 |
| 16 | Portugal | 383 |
| 17 | Kazakhstan | 354 |
| 17 | Arabie Saoudite | 323 |
| 18 | Royaume-Uni | 310 |
| 19 | Liban | 287 |
| 20 | Espagne | 282 |
| 21 | Autriche | 280 |
| 22 | Thaïlande | 235 |
| 23 | Belgique | 227 |
| 24 | Singapour | 194 |
| 25 | Azerbaïdjan | 178 |
| 26 | Algérie | 174 |
| 27 | Brésil | 172 |
| 28 | Irak | 171 |
| 29 | Libye | 147 |
| 30 | Philippines | 134 |
| 31 | Égypte | 130 |
| 32 | Suède | 126 |
| 33 | Afrique Du Sud | 126 |
| 34 | Mexique | 120 |
| 35 | Qatar | 115 |
| 36 | Grèce | 115 |
| 37 | Hongrie | 110 |
| 38 | Corée Du Sud | 104 |
| 39 | Roumanie | 104 |
| 40 | Indonésie | 87.04 |
| 41 | Australie | 79.87 |
| 42 | Koweït | 78.98 |
| 43 | République Tchèque | 76.64 |
| 44 | Émirats Arabes Unis | 74.51 |
| 45 | Jordanie | 73.16 |
| 46 | Danemark | 66.55 |
| 47 | Pakistan | 64.8 |
| 48 | Argentine | 61.74 |
| 49 | Cambodge | 54.43 |
| 50 | Biélorussie | 53.86 |
| 51 | Serbie | 53.81 |
| 52 | Kirghizistan | 47.81 |
| 53 | Malaisie | 43.86 |
| 54 | Finlande | 43.76 |
| 55 | Bulgarie | 41.04 |
| 56 | Pérou | 34.67 |
| 57 | Slovaquie | 31.69 |
| 58 | Ukraine | 27.37 |
| 59 | Equateur | 26.28 |
| 60 | Bolivie | 22.53 |
| 61 | Maroc | 22.12 |
| 62 | Ghana | 18.6 |
| 63 | Guatemala | 15.51 |
| 64 | Bangladesh | 14.28 |
| 65 | Chypre | 13.9 |
| 66 | Île Maurice | 12.42 |
| 67 | Irlande | 12.04 |
| 68 | Paraguay | 8.19 |
| 69 | Népal | 7.99 |
| 70 | Mongolie | 7.8 |
| 71 | Géorgie | 7.14 |
| 72 | Macédoine | 6.89 |
| 73 | Tunisie | 6.84 |
| 74 | Oman | 6.73 |
| 75 | Lettonie | 6.66 |
| 76 | Lituanie | 5.82 |
| 77 | Colombie | 4.68 |
| 78 | Bahreïn | 4.67 |
| 79 | Slovénie | 4.23 |
| 80 | Mozambique | 3.94 |
| 81 | Albanie | 3.73 |
| 82 | Bosnie-Herzégovine | 3.48 |
| 83 | Aruba | 3.11 |
| 84 | Luxembourg | 2.24 |
| 85 | Le Salvador | 2.1 |
| 86 | Hong-Kong | 02.08 |
| 87 | Trinité-Et-Tobago | 2 |
| 88 | Islande | 1.98 |
| 89 | Papouasie-Nouvelle-Guinée | 1.96 |
| 90 | Haïti | 1.81 |
| 91 | Surinam | 1.21 |
| 92 | Honduras | 0.7 |
| 93 | République Dominicaine | 0.57 |
| 94 | Sri-Lanka | 0.47 |
| 95 | Malte | 0.37 |
| 96 | Estonie | 0.25 |
| 97 | Chili | 0.23 |
| 98 | Uruguay | 0.1 |
| 99 | Fidji | 0.03 |
| 100 | Kenya | 0.02 |
La Chine et la Russie ont toutes les deux renforcé leurs réserves d’or ces dernières années. Pour la Chine, l’enjeu principal consiste à mieux diversifier ses réserves et à réduire progressivement son exposition au dollar, alors que pour la Russie, l’or constitue également un moyen de limiter les conséquences des sanctions financières et du gel des avoirs détenus à l’étranger.
La Chine possède d’importantes réserves composées de devises et de titres étrangers. Cette situation l’expose aux variations des monnaies dans lesquelles ces actifs sont libellés, ainsi qu’aux décisions économiques et monétaires prises par les pays qui les émettent. Cette politique de diversification ne signifie pas que le pays abandonne totalement le dollar, qui conserve une place centrale dans le commerce et le système financier international, mais qu’il cherche à mieux répartir ses réserves entre différentes catégories d’actifs.
À la fin de l’année 2025, la Chine détenait environ 2 306 tonnes d’or. Ses achats se sont poursuivis au début de l’année suivante et, au 31 mars 2026, ses réserves officielles atteignaient environ 2 313 tonnes, soit une progression d’un peu plus de 7 tonnes au cours du premier trimestre, ce qui montre que son augmentation s’effectue progressivement et dans une logique de long terme.
Le contexte géopolitique peut également renforcer l’intérêt de cette stratégie, car les sanctions ont entraîné le gel d’une partie des réserves russes détenues à l’étranger, les rendant inaccessibles. Cet exemple russe a montré à la Chine l’intérêt de détenir un actif physique conservé sur le territoire national et placé sous le contrôle direct de la banque centrale.
La Russie a aussi renforcé ses réserves d’or afin de réduire sa dépendance aux actifs libellés en dollars, mais sa stratégie est davantage liée aux tensions géopolitiques. Ses achats se sont accélérés après les premières sanctions internationales adoptées à la suite de l’annexion de la Crimée en 2014.
Cette politique a pris une importance particulière après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Plusieurs banques russes ont été exclues du réseau international SWIFT, tandis qu’une partie des avoirs de la Banque centrale de Russie placés à l’étranger a été immobilisée. Au sein de l’Union européenne, ces avoirs représentent environ 210 milliards d’euros, que les autorités russes ne peuvent plus utiliser ni transférer librement.
Contrairement à des dépôts bancaires ou à des obligations conservés auprès d’institutions étrangères, l’or physique stocké en Russie reste directement sous le contrôle de ses autorités. Il est donc moins exposé à une décision de gel prise par un autre pays.
La Russie peut ainsi librement utiliser son stock lorsque ses autorités font face à un besoin de liquidité. Selon les données publiées en juillet 2026 par le World Gold Council, elle avait vendu environ 34 tonnes depuis le début de l’année, ramenant ses réserves officielles à près de 2 292 tonnes. Ces opérations montrent que l’or ne reste pas nécessairement immobile dans les coffres, car il peut être acheté ou vendu en fonction des besoins du pays détenteur.
À une autre échelle, les particuliers peuvent également l’intégrer à leur patrimoine pour mieux répartir leurs risques et préserver une partie de leur épargne, sans pour autant le considérer comme une garantie de rendement ou de sécurité totale. Si vous souhaitez acheter de l’or au meilleur prix, rendez vous sur la boutique en ligne abacor.fr.
Les banques centrales occupent une place importante sur le marché de l’or, car leurs achats portent sur des volumes élevés et s’inscrivent souvent dans une stratégie de long terme. En conservant durablement le métal dans leurs réserves, elles augmentent la demande et peuvent contribuer à soutenir son cours.
En 2025, les banques centrales et les institutions officielles ont continué d’acheter d’importantes quantités d’or. Cette dynamique s’est poursuivie en 2026, notamment sous l’effet des achats de la Pologne, de la Chine, de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan.
Lorsque les banques centrales achètent massivement, leur demande peut donc exercer une pression favorable sur le cours, non seulement parce qu’elle absorbe une partie de l’offre, mais aussi parce qu’elle envoie un signal aux autres investisseurs. Si des institutions responsables de la stabilité monétaire considèrent que l’or mérite une place plus importante dans leurs réserves, les particuliers et les professionnels peuvent eux aussi y voir la confirmation de son rôle stratégique et calquer leurs stratégies d’investissement sur celles des banques centrales.
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